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Église de Font
- St Sulpice 
Il n'est pas aisé de situer exactement dans le temps la construction
de l'église de Font, le premier document écrit mentionnant
l'église de Font datant de 1228.
On sait pourtant que Rodolphe II, roi de Bourgogne, avait établi
des châteaux sur l'ensemble de son territoire. Celui de Font
a peut-être été bâti au début du
X ème siècle déjà par la célèbre
reine Berthe, qu'il a épousé en 922. Il a été ensuite
donné en cadeau de mariage par le petit- fils de la reine
Berthe, le roi Rodolphe III de Bourgogne, à sa jeune épouse
Irmengarde en 1011. On peut supposer que l'enceinte de cette « résidence
royale », selon l'acte de donation, comprenait une chapelle
qui pourrait être le chœur actuel de l'église de Font.
Dans le chœur, le triplet ale fenêtres en archère dénote
nettement le style médiéval de l'édifice. Avant
que l'arc triomphal ait été agrandi - « la hauteur
de l'ancien nous est rappelée par la trace noire à droite
de la grande croix » - les deux baies étaient plus larges
et devaient permettre aux fidèles dans la nef de voir l'autel.
Un curé de Font est signalé déjà avant
la fin du XII ème siècle. La collature appartenait
aux chapelains de St-Nicolas du château épiscopal de
Lausanne. Après la Réforme, Estavayer d'une part et
le Chapitre de St-Nicolas à Fribourg de l'autre, essayèrent
de se la faire attribuer. Elle fut, vers la fin du XIV ème
siècle, adjugée par le gouvernement de Fribourg aux
Pères Cordeliers, pour les dédommager de la perte des
vignes qu'ils possédaient naguère dans la région
de Montreux. Ils y ont renoncé en 1909.
L'église reçut sa nef actuelle en 1560. On y accédait
par une porte se trouvant face à l'entrée du cimetière, à l'emplacement
de la grande fenêtre ogivale. Elle comprenait déjà un
petit clocheton mais le clocher d'aujourd'hui fut érigé en
1823. Après une nouvelle restauration qui dura de 1921 à 1923,
l'intérieur de l'église fut rénové une
nouvelle fois en 1951. L'édifice fut muni cette fois-ci du
porche.
Dédiée à St Sulpice, évêque de
Bourges (t 591), cette église réunit les fidèles
de la paroisse de Font-Châbles. Ceux-ci décidèrent
une restauration globale du chœur, qui fut effectuée de 1985 à 1986,
puis de la nef et du narthex de 1988 à 1990. D'importantes
découvertes furent alors faites. Les travaux ont permis de
mettre à jour de nombreuses décorations qu'il convient
de situer sur plusieurs périodes.
Lors de ces travaux de réfection, la tribune fut abaissée,
seules les anciens balustres furent réutilisés. Le
plafond fut démoli et reconstruit dans le style originel de
l'église. Trois baies formant un triplet sur le mur sud du
chœur ont été reconstituées.
Le chœur

La polychromie du chevet du chœur représente sans doute St
Pierre couronné de la tiare. Son style est du 17 ème
siècle. Les trous des deux cordes nous indiquent qu'un petit
clocher se trouvait auparavant en dessus du choeur.
Le style de la polychromie située au-dessus de la porte de
la sacristie fait penser au 14 ème siècle.
A gauche, représentation d'un
roi qui pourrait nous rappeler que le château était
appelé « Résidence
Royale » dans l'acte de donation du 11 ème siècle.
A
droite, représentation de la Vierge Marie.
Les fresques situées
en dessus du tabernacle représentent
Une tête faisant penser à la
messe de St Grégoire. (selon les monuments historiques).
Un
ange adorateur (cette deuxième décoration
recouvre la première).
L'ouverture pour le tabernacle dans le mur a été exigée
par l'évêque de Lausanne pour toutes les églises
de son diocèse en 1453. Cela permet de dater approximativement
la décoration. On distingue l'aile d'un deuxième ange
adorateur à droite du premier.
Les reliquaires sont un don
de François -Xavier Brasey, précepteur
ou intendant à la cour des archiducs d'Autriche, décédé à Vienne
en 1905.
Les baies que l'on voit dans le chœur étaient plus larges.
L'autel latéral du Rosaire
Lors de la dernière restauration des années huitante,
quelques vestiges de décoration ont été découverts.
La polychromie située au-dessus du tableau de la Vierge permet
de connaître la hauteur de l'église avant l'agrandissement
du 16 ème siècle. Le trait noir indique la hauteur
de la nef avant l'agrandissement de l'arc triomphal. Auparavant,
l'arc était beaucoup moins large.
Le tableau sur toile du « Rosaire » est daté de
1895. Le peintre Joseph Reichlen a réalisé cette oeuvre
en remplacement d'une autre plus ancienne découverte par la
suite à la cure et non restaurée. En 1990 et après
de longues recherches, les artisans de « Restaurateurs d'Arts
associés 83 » ont repeint cette toile qu'une importante
déchirure avait endommagée.
Autel de St
Hyacinthe
Ce tableau de St Hyacinthe datant du 17 ème siècle
a été offert par Jean-Jacques de Buman et son épouse
Marie-Carolyne Reynold, bailli de Font de 1673 à 1677. Leurs
armoiries sont visibles sur la base de l'encadrement. Ce tableau
rappelle la légende de St Hyacinthe sauvant de l'incendie
le St Sacrement et une statue de la Vierge.
Hier et aujourd'hui
La date présente sur la fontaine prouverait l'existence du
château en 1026 déjà
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