Font
fut occupé dès le néolithique et l'âge
du bronze. De nombreux objets furent découverts sur
la rive du lac de Neuchâtel. La présence de palafittes,
de bijoux et d'objets usuels atteste de l'occupation humaine
du site. A la pointe du Pillard des monnaies gauloises, des
statuettes et des monnaies romaines furent mises au jour.
Des pierres à écuelles y furent également
trouvées.
C'est
à l'époque moyenâgeuse que se développa
la seigneurie de Font qui après avoir passé
sous la suzeraineté des sires de Glâne, de Gruyères-Montsalvens,
des Blonay, resta enfin sous celle des Estavayer-le-Lac-Chenaux
jusqu'en 1475. Le château fut alors détruit par
les Suisses et les droits de suzeraineté sur Font passèrent
à Fribourg. Le manoir seigneurial, dont quelques ruines
se voient encore sur un rocher escarpé dominant le
lac, faisait partie des biens donnés en 1011 par le
roi Rodolphe III de Bourgogne à son épouse Irmengarde.
L'acte
l'appelait castellum regale (château princier). Il avait
sa chapelle et même encore son chapelain en 1545. Une
dépendance du château, ayant échappée
à la destruction, servit plus tard de résidence
aux baillis (celle qu'à tort on appelle aujourd'hui
le château).En 1520, l'état de Fribourg fit de
Font, Châbles et Châtillon, un bailliage auquel
en 1536, il réunit celui de la Molière; en 1608,
on y ajouta encore celui de Vuissens. Vers 1643, Font était
au nombre des communes qui avait droit au "grand parcours"
qui s'étendait de la Broye au lac de Neuchâtel
et des portes de Grandcour au château de Saint-Martin.
Font et Châbles forment déjà une paroisse
attestée dès 1228.
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Font,
Châbles et Châtillon formaient autrefois la "grande
commune"; sous la République helvétique,
ils se partagèrent les biens communaux. En 1802, ,
une bande de Bourla papeis* envahit le 7 mai la cure de Font
et se fit remettre, tous les titres de redevances féodales.
Depuis 1803, Font fait partie de la préfecture d'Estavayer-le-Lac.
Essentiellement
agricole et vigneron au début du 20è siècle,
le village s'est donné peu à peu une vocation
résidentielle incontestable du fait de sa situation
face au lac. Les zones à bâtir aménagées
sont autant de lieux de prédilection pour de nouveaux
résidents qui viennent augmenter une population d'environ
deux cent huitante habitants. Plus récemment, en collaboration
avec d'autres communes, le village s'est doté d'infrastructures
adaptées en conduisant à termes maints projets
: remaniements parcellaires agricole et forestier, épuration
des eaux (STEP), adduction d'eau (GRAC), zones nouvelles d'habitation
et d'artisanat, école moderne, bâtiment communal.
*La
Révolution avait aboli les redevances dues aux seigneurs,
essentiellement les dîmes et les cens, mais on avait
décidé que les paysans rachèteraient
ces droits à leurs anciens seigneurs que l'on ne voulait
pas dépouiller. En 1801, le Directoire helvétique
voulut rétablir le paiement des dîmes. L'insurrection
paysanne éclata en 1802. Les paysans prirent le château
de la Sarraz et brûlèrent les archives qui contenaient
les documents fondant les droits féodaux. Les "Bourla
Papeis"(Brûle-Papiers) inquiétèrent
le pouvoir jusqu'à l'été. |